Mission humanitaire et mission de solidarité : les différences

Par le 07 juillet 2014 dans news
Entre mission humanitaire et mission de solidarité, les différences, parfois subtiles, vous sont exposées.

Très en vogue dans le vocabulaire de tous les jours, le terme de « mission humanitaire » est souvent utilisé pour parler de plusieurs types d’interventions allant de l’aide d’urgence à l’aide au développement. J’ai pour mission dans cet article de vous expliquer les différences, parfois subtiles, qu’il existe entre l’aide d’urgence, les missions humanitaires, l’aide à la reconstruction et enfin l’aide au développement.

Avant d’entrer dans les détails des définitions il faut savoir que toute action humanitaire est étalée sur le court terme et que les actions de solidarité, liées à l’aide au développement, sont mises en action sur et pour le long terme.

L’intervention d’urgence : aide et action humanitaire

Dans l’intervention d’urgence, nous pouvons mettre en avant deux types d’action qui sont le plus souvent indissociables : l’aide d’urgence et l’action humanitaire.

L’aide d’urgence

L’aide d’urgence doit être associée à la date de l’événement qui a engendré la situation de crise. Ce sont le plus souvent des catastrophes naturelles (ouragans, tsunamis, inondations etc.) qui sont à l’origine de cette situation. Un contexte de guerre, une explosion nucléaire, un attentat de grande ampleur, sont certes plus rares, mais amènent également un besoin d’une aide d’urgence envers les populations impactées.

L’aide d’urgence est caractérisée par une intervention très rapide, de quelques heures à quelques jours à la suite de l’événement. Plus l’intervention est rapide, plus des vies pourront être sauvées. Cette aide n’est possible que par des professionnels ayant le matériel et une logistique adaptés à la situation. En outre, il faut tenir compte de la proximité de la zone sinistrée, et par conséquent privilégier les acteurs capables d’intervenir immédiatement. En ce sens, c’est l’Etat avec l’aide de l’armée, préparée à ce type d’intervention, qui interviendra prioritairement. La Croix Rouge qui est également en capacité d’intervenir pourra faire valoir ses compétences techniques. Aussi, selon les dommages de la catastrophe, quelques ONG spécialisées dans les missions de sauvetage pourront intervenir.

L’action humanitaire

A la suite de la première intervention sur le terrain sinistré de nouveaux acteurs vont entrer en jeu afin de répondre à des besoins précis. En effet, les premières évaluations et expertises sont réalisées et transmises aux acteurs compétents. De cette manière, un plus grand nombre d’ONG, d’organismes spécialisés pourront intervenir  pour répondre aux problématiques existantes.

Dans cette deuxième phase de contexte de crise il y aura donc des interventions d’assistance ainsi que de protection basées sur les fondements de l’action humanitaire qui sont l’indépendance, l’impartialité et la neutralité (à nuancer).

Les interventions d’assistances touchent principalement la santé à travers l’aide alimentaire, la chirurgie de guerre, l’aide aux déplacés et réfugiés etc. Les interventions de protection vont quant à elles toucher au droit, avec la protection des droits de l’Homme ainsi que le respect du droit international humanitaire cher au Comité International de la Croix Rouge (CICR). Ce droit humanitaire est apparu avec la « modernisation » des conflits et donc avec les nouvelles armes de guerre qui provoquent toujours plus de victimes. D’abord créé pour les blessés des forces armées, il s’applique aujourd’hui à toutes les victimes de guerres, de catastrophes naturelles, etc.

L’intervention sur le moyen et long terme : reconstruction et aide au développement

L’aide à la reconstruction

L’aide à la reconstruction englobe des processus de réhabilitation ou de reconstruction, c’est à dire l’ensemble des actions liées à la redynamisation des sociétés et de leur tissu social, à la reconstruction des infrastructures, à la remise sur pied des institutions et des Etats qui se mettent en place en situation post-crise. Cette étape, cruciale pour un « nouveau départ » peut s’étaler dans le temps depuis l’action humanitaire à l’installation des projets d’aide au développement, autrement dit cela peut aller de quelques mois à plusieurs années lorsque le contexte politique reste instable.

C’est pendant cette période de transition que les premiers projets se construisent pour un résultat à court et moyen terme. En relation directe avec l’Etat et les institutions, les projets de reconstruction font appel à des professionnels, des experts, dans le but de mettre en œuvre les meilleures solutions pour une reconstruction durable qui intègre des nouvelles problématiques. La reconstruction doit donc prendre en compte les trois échelles de la société, autrement dit l’échelle macro (ex : politique, économique, etc.), l’échelle méso (ex : institutions) et enfin l’échelle micro (ex : individu) afin que l’ensemble des acteurs cohabite dans le même espace.

L’aide au développement

La dernière étape dans le processus de soutien suite à un événement exceptionnel  consiste à mettre en place des projets d’aide au développement pour le long terme. L’aide au développement va aller des projets de terrain pour répondre aux besoins primaires jusqu’au versement d’aides financières vers le budget des Etats. Cette dernière étape est décisive pour la stabilité du pays ainsi que pour son développement, notamment économique et social.

Pour l’aide au développement, le panel des acteurs s’élargi. Alors que pour les étapes précédentes ce sont principalement des professionnels qui interviennent, l’aide au développement fait appel à tout le monde, toutes les personnes qui souhaitent s’investir dans la solidarité internationale. En effet, des professionnels vont s’investir sur le terrain et aux sièges de grandes organisations internationales afin d’analyser les nouvelles problématiques globales, les besoins financiers, les possibilités d’action, etc. De cette manière, des grands projets de développement vont être mis en place avec un suivi régulier de la part de l’organisme qui soutient cette action. On peut ici penser aux actions du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) qui intervient dans de nombreux pays pour « promouvoir le changement et relier les pays aux connaissances, expériences et sources d'information en vue d'aider leurs populations à améliorer leur vie. »[1]

A plus petite échelle, beaucoup d’associations vont s’engager dans l’aide au développement pour soutenir des projets « abordables » financièrement. Les entreprises peuvent également participer à l’aide au développement en ayant des projets spécifiques qui correspondent à leurs valeurs. On peut notamment penser au commerce équitable et aux voyages solidaires qui agissent pour une meilleure répartition des retombées économiques et donc favorisent l’économie locale. Enfin, à l’échelle individuelle, chaque citoyen peut s’engager dans l’aide au développement à travers des actions ponctuelles comme l’achat de produit du commerce équitable ou la participation à un voyage solidaire qui propose des missions de solidarité. Des actions plus longues sont également possibles via un volontariat ou un bénévolat de plusieurs mois à quelques années en partant avec des organismes travaillant dans l’aide au développement.

L’aide au développement a pour enjeux la pérennité sociale et technique, la reproductibilité ainsi que la viabilité économique. C’est donc avec et pour les populations locales que les projets sont montés. Aujourd’hui de plus en plus de structures interviennent sur le terrain le temps de la mise en place du projet et laissent peu à peu la gestion sur le long terme aux populations locales. De cette manière, on met en avant la possibilité d’une pérennité grâce à l’engagement des populations pour des projets qui améliorent leurs conditions de vie.

Double Sens, acteur de l’aide au développement

Double Sens a été créée dans le but promouvoir un tourisme solidaire où les retombées économiques sont équitablement partagées entre le concepteur de voyage et les communautés locales. Présente dans cinq destinations à ce jour, l’agence a mis en place avec les populations locales, et/ou rejoint, des projets déjà installés afin d’améliorer leurs conditions de vie. Ainsi, les voyageurs qui partent sur les voyages en mission sur le terrain et participent à un des projets proposés.

Au Bénin, au Burkina Faso et à Madagascar, Double Sens est principalement présente sur des projets éducatifs, socio-éducatifs et sanitaires. En Equateur, l’agence soutient la communauté andine de Bacpancel en participant à leurs activités quotidiennes le matin et en proposant des activités socio-éducatives pour les enfants l’après-midi. Enfin, au Cambodge, elle intervient en faveur des familles d’une île du Mékong via des projets de construction (toilettes, poulailler, porcherie, cuves à eau, etc.).

En outre, pour chaque voyage, Double Sens s’engage à verser 50€ par voyageur à Frères de Sens, l’association des anciens voyageurs, qui finance d’autres projets de développement dans les destinations. Frères de Sens privilégie le financement des activités génératrice de revenus (AGR) afin de mettre en avant la pérennité et la viabilité économique des projets. Chaque projet est suivi par les équipes locales et des nouvelles du terrain sont données sur le site et la newsletter, ce qui garantit une transparence envers les donateurs.

Enfin, toujours dans notre vision de démarche de participation au développement, Double Sens a créé 30 emplois depuis 2006, 26 sur le terrain, constituant ainsi les équipes locales, et 4 au siège à Paris. 



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