L'action éducative à Koudougou

On se retrouve pour le deusième épisode de "Mon action solidaire au Burkina Faso" d'Annie Cluzel, voyageuse solidaire partie à Koudougou en 2013. Dans le premier extrait, vous suiviez Annie dans son premier week-end en excursions. Pour ce second extrait, vous la retrouvez pendant l'action éducative auprès de jeunes filles et femmes à l'AVO et l'AS. 

 

Il est 15h quand nous arrivons à l’action sociale (AS). Toutes les élèves sont dehors et s’amusent comme tous les élèves du monde, en courant, riant et parlant plus fort. Elles peuvent d’autant plus en profiter que leurs professeurs de couture sont encore en retard. Je bénis également ce retard qui me laisse du temps pour me ressaisir. Celles-ci arrivent enfin et tous les groupes regagnent leur  clase.

Je retrouve mes 3 filles qui vont s’enquérir d’un tableau et d’un banc et qui ne reviennent qu’avec le banc car le groupe de couture a besoin du tableau. Les choses se compliquent pour moi d’autant que je n’ai qu’un cahier.

Aujourd’hui, je décide de tester les chiffres et les opérations et je commence par « 1+1 ». Catherine répond immédiatement « 2 ». Francine somnole, la tête contre le mur et Asseta se moque d’elle. En continuant l’exercice, je me rends compte des capacités étonnantes de Catherine en calcul. Je lui prépare des additions à deux chiffres, à trois chiffres puis à quatre. Elle compte très vite et juste et semble y prendre un vrai plaisir. Alors je tente les soustractions puis les multiplications. Elle compte si vite que je n’ai pas le temps de lui préparer de nouvelles opérations. Je corrige chacune d’elle et je dois à mon tour, calculer très vite, et de fait, je ne peux m’occuper d’Asseta. Je leur suggère de faire une petite pause afin que je puisse préparer du travail pour chacune d’elle.

C’est là que me vient une idée pour Asseta. Je détache des feuilles de mon cahier, je déchire plusieurs bandes de papier dans le sens de la largeur puis chacune d’elle en plusieurs morceaux. Sur une page blanche à côté, j’écris une phrase : « Ali va au marché avec son papa ». Sur chaque carré de papier j’inscris un mot de la phrase. Je propose à Asseta de retrouver chaque mot, de les disposer dans l’ordre sur la table de façon à reconstituer la phrase.

[…]

Il est 6h, le jour se lève doucement. La maison s’anime progressivement. Etendue sous la moustiquaire, je profite encore du calme pour réfléchir. Je suis au bout du monde dans un univers qui ne ressemble à rien de ce que je connais, où je n’ai pas intégré tous les codes. Mais pour quelques jours, je me sens chez moi, je m’attache à ce pays, à mes élèves.
[…]

J’arrive dans la classe avant tout le monde. Je m’assois sur la chaise brinquebalante et sans dossier et regarde autour de moi. Je souris car moi qui ai toujours voulu être « maîtresse d’école », je réalise mon rêve en Afrique. J’ai à ma disposition, un livre de lecture, un cahier que j’ai apporté, un stylo. Les élèves ont la même chose. Mais quand le matériel manque, il faut faire appel à son imagination comme le fait d’ailleurs naturellement la population, ainsi qu’au sens du partage. Quand un stylo ne marche plus, je prête le mien, quand une élève a oublié son cahier, je détache des feuilles du mien, tout cela fonctionne très bien. 

Le dernier épisode de "Mon action solidaire au Burkina Faso" sera publié à la fin du mois ! 
Pour les plus curieux, vous pouvez trouver l'intégralité du récit d'Annie en commandant l'ouvrage avec les Ogres de Papier : les-ogres-de-papier@orange.fr

Et pour les aventuriers, le séjour au Burkina en action, c'est par ici : 

    Le Burkina en action !  



Les photos de l'article sont également extraites du livre d'Annie.

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