Voyage photo au Bénin : interview de Julien GERARD

Par le 27 septembre 2016 dans news

Nous venons de nouer avec Julien un partenariat inédit : la création d’un voyage photographique en immersion, au Bénin. Julien est le photographe professionnel qui vous accompagne sur la totalité du séjour. De passage hier à Paris avant de reprendre un avion le soir-même pour Niamey, il en profite pour rendre visite à l’équipe Double Sens. Il m’accorde une interview.

 

Bonjour Julien, tu es photographe professionnel depuis 8 ans, peux-tu nous parler de ton parcours ?

 Je suis professionnel depuis 8 ans maintenant ; je pratique néanmoins la photographie depuis l’âge de 12 ans. J’ai appris sur le tas comme on dit, avec mon oncle, grand amateur de photographies. Je passais beaucoup de temps avec lui à griller des pellicules noir et blanc que nous développions ensuite dans une chambre noire de fortune. Jamais je n’aurais pensé faire de la photographie mon métier, cela restait un loisir. Dans une première vie professionnelle, j’étais marin pompier à Marseille puis ambulancier à Strasbourg, dans le privé puis au Samu, à des années lumières de ma vie actuelle ! Fin 2007 je voulais changer de métier, et quitter le monde du paramédical. Un jour, j’ai démissionné.

De temps en temps je faisais des petits boulots mais rien d’extraordinaire. Un soir mon téléphone a sonné. Ça a changé ma vie, profondément. 3 mois plus tard, en février 2008, j’étais au Sénégal pour ma première commande photo. A cette période, je cumulais mon métier de photographe avec un poste d’ambulancier via une société de travail intérimaire. J’avais la possibilité d’imposer mes disponibilités, ce qui était très pratique. J’ai rapidement été épuisé par ce mode de fonctionnement. Passer du Sénégal le dimanche à Strasbourg dans une ambulance le lundi avait de quoi rendre fou ! Vers avril 2009, j’ai pu me consacrer entièrement à la photographie et depuis, je ne fais que ça. Les premières années, je rentrais systématiquement en France entre 2 voyages. Depuis 2013 je suis devenu nomade ; je n’ai plus d’appartement et je voyage de pays en pays en fonction des commandes et des projets, comme celui de Change Face. Désormais, quand je ne suis pas en train de répondre à une commande ou en train de faire des photos plus personnelles, je passe mon temps à Bangkok où vit mon fils.

Ma première vie dans le paramédical m’a beaucoup aidé dans ma carrière de photographe. J’étais acteur, je suis désormais témoin de notre monde. Une position certes très différente, mais où mes réflexes d’empathie, de compassion, de la rencontre, me sont utiles au quotidien.

Comment as-tu découvert le Bénin ? Tu y retournes souvent, pourquoi cet attachement à ce pays ?

Je travaille depuis quelques années pour une maison d’édition qui réalise des plaquettes publicitaires, des livrets d’accueils et des magazines pour les offices de tourisme. En 2009, la maison d’édition me demande de me rendre au Bénin ; cela se fait un peu à la dernière minute, je n’ai pas le temps de me renseigner sur le pays. J’y arrive par la route, en provenance du Togo. Je me rappellerai toujours l’arrivée à Cotonou, j’ai été complètement fasciné et interloqué par la circulation, des milliers et des milliers de motos !

Avant de commencer à y œuvrer, j’avais prévu un week-end libre. Je me suis renseigné sur ce qu’il y a à faire dans les environs. On me parle de Ganvié, une cité lacustre située à 40 kilomètres. Mon hôtel dispose d’une pirogue motorisée qui peut m’y emmener directement, sans passer par la route ! Arrivé sur place, mes yeux se sont ouverts en grand, le spectacle que j'avais devant mes yeux est loin de tout ce que j'avais pu voir jusqu'à présent. A cette époque, je ne connaissais pas encore trop l'Afrique.

 

 

Je fais une première photo. Au moment de déclencher, je sens que je tiens une bonne image. Il s’avère qu’elle est devenue l’une des plus importantes de ma collection maintenant !

 

 

 

 

Je passe l’après-midi sur place et me promets de revenir l’année prochaine, plus longtemps. Je passe la semaine suivante à travailler, je découvre Cotonou. J’y retourne depuis, chaque année, pour mon client mais prolonge systématiquement mon séjour. Je suis retourné à Ganvié à plusieurs reprises. Mon plus long séjour dans la cité lacustre dura 1 semaine.

En 2012, après une séparation difficile, c’est au Bénin que je décide de passer un peu de temps pour me retrouver. J’entreprends le tour du pays à moto, 3 semaines, 3 500 km et plein de belles rencontres plus tard le Bénin et ses habitants sont désormais bel et bien ancrés dans mon cœur. Ce voyage à moto est l’un des souvenirs les plus marquants de ma carrière mais aussi d’un point de vue personnel. C’est avant de partir sur les routes que je rencontre Aurélien, l’un des fondateurs de Double Sens. Cette rencontre s'est faite par le biais d’une amie commune de Strasbourg ! Le monde est tellement petit ! Les conseils d’Aurélien pour mon voyage furent précieux. Nous avons gardé contact et les voyages photos ont pris naissance de cette amitié. C’est également lors de ce voyage qu’est née l’idée du projet Change Face. Pour la petite anecdote, je découvre plus tard qu’Aurélien et moi avons des amis en commun en Côte d’Ivoire ! Le monde est décidément minuscule !

Le Bénin est un pays que j’aime beaucoup. J’y ai maintenant mes amis, mes habitudes. La richesse culturelle du pays et la gentillesse de ses habitants en font aussi l'un des plus beaux endroits pour la photographie.

 

Tu souhaites maintenant faire découvrir ce pays à d’autres personnes, pourquoi avoir choisi l’agence Double Sens ?

J’ai la chance de pouvoir énormément voyager pour mon travail. J’ai eu l’occasion de vivre et de voir beaucoup de choses dans ma vie de photographe. L’immersion dans le nord du Bénin et la rencontre avec ses habitants font partie des moments les plus forts que j’ai été amené à vivre. Pour moi, photographie rime avec partage ; je diffuse beaucoup mon travail sur internet, via mon site web ou ma page Facebook. Je voulais donc partager mes connaissances du terrain de manière plus intime ; d’où la décision de partir dans le nord sur les traces de mon projet Change Face avec Double Sens.

Le choix de travailler avec Double Sens repose sur plusieurs critères. Après ma rencontre avec Aurélien lors de mon tour du Bénin à moto, j’avais très envie de travailler avec lui. Ensuite, il y a le côté solidaire. Quand je fais mes photos, les personnes que je photographie me donnent énormément. Un beau portrait est une satisfaction incroyable et un moment de plaisir très intense. Professionnellement, je gagne ma vie en faisant des photos et j’ai toujours eu besoin et envie de rendre la pareille aux gens rencontrés. Il était inconcevable pour moi de travailler avec une agence dont le seul but est le profit. Avec Double Sens je sais qu’une partie importante du prix du voyage est redistribué, directement ou indirectement à la population. Je pense que c’est un juste retour des choses.

En quoi consiste le partenariat avec Manfrotto pour ce voyage ?

Depuis environ un an, je suis ambassadeur de la marque Manfrotto. Leur matériel est mis gracieusement à ma disposition : sacs, trépieds, etc. en échange de photographies, d’articles ou autres contenus pour les réseaux sociaux, leur site… Les gens qui suivent mon travail sont surtout des amateurs de photographie mais pas des photographes amateurs ; les clients de Double Sens sont, quant à eux, plus orientés vers le tourisme solidaire et moins vers la photographie. Pour que ce voyage soit possible, il nous fallait un partenaire résolument tourné vers la pratique de la photographie. C’est tout naturellement que l'idée de faire appel à Manfrotto m'est apparue ; ils ont tout de suite accepté le partenariat. Manfrotto offre à chaque participant un sac à dos photos parfaitement adapté aux voyages que nous allons faire et prête des trépieds. Le carnet de voyage sera partagé sur leur page Facebook et ils suivront de près notre parcours.

Le voyage suit les traces de ton projet Change Face, peux-tu nous parler de ce projet ?

Change Face est un projet qui me tient à cœur, le plus gros a été entrepris à titre personnel. Le but est de laisser une trace des traditions ancestrales des tribus indigènes comme la scarification, le tatouage ou le piercing. Comme je vous le disais précédemment, ce projet est né au Bénin lors de mon tour du pays à moto. Il se poursuit dans d’autres pays maintenant. Le prochain volet se fera probablement dans le nord de l’Inde pour photographier une communauté dont les femmes se font des tatouages sur le visage. Quand nous avons décidé de lancer les voyages photos avec Double Sens, il était naturel pour moi de repartir dans le nord de l'Afrique pour rencontrer à nouveau les Bétammaribés et leurs impressionnantes scarifications faciales.

Ce voyage est très axé sur la photographie, si je ne suis pas photographe puis-je venir ?

Ce voyage est ouvert à tous les amoureux de la photographie, de tous niveaux. Le seul impératif est de connaître le fonctionnement de son appareil photo (reflex). Il faut comprendre que ce voyage sera exclusivement tourné vers la photographie. Nous nous lèverons tôt et nous nous coucherons tard pour profiter des meilleures lumières.  J'enseignerai ensuite quels sont les différents modes de photographie, le cadrage… La partie formation photo sera aussi axée sur l’approche à avoir pour réaliser des portraits et s’intégrer à une communauté.

Y aura-t-il des cours « magistraux » sur la photographie ?

Il n’y aura pas de cours magistral sur la photographie ; les amphithéâtres étant rares dans les montagnes du nord ! Je suis davantage pour une approche naturelle de la photographie. Je serai là, à tout moment pour expliquer les techniques de photographie, pendant les temps morts, les trajets en voiture ou le soir lors du débriefing de la journée et de la présentation du programme du lendemain.

J’aime l’idée de transmettre aux participants ma passion pour la photographie et le Bénin.

Durant ce voyage, je partagerai ma vision et ma technique afin d'aider chacun à évoluer dans la pratique de la photographie et à acquérir son propre style. Nous aborderons différents thèmes : la démarche du photographe de voyage, le contact avec la population, avoir une suite d’images cohérentes, les techniques de prises de vues et le post traitement ainsi que toutes les étapes après la prise de vue.

Je ne suis pas disponible à ces dates, y en aura-t-il d’autres ?

Il y aura sans aucun doute d’autres voyages photos avec Double Sens, au Bénin et aussi ailleurs. Cependant, ce voyage à la rencontre des Bétammaribés et de leurs scarifications est une édition limitée. Le plus simple est de vous inscrire à la newsletter de Double Sens ou à la mienne pour être tenu informé.

Un mot pour finir ?

Je réserve une petite soirée surprise lors du voyage, mais je suis incapable de tenir ma langue ! Nous passerons une soirée dans un village, équipés d’un vidéo projecteur. Nous montrerons aux habitants les portraits réalisés lors de mon projet Change Face l’année dernière. Nous en profiterons également pour diffuser un dessin animé. Les enfants vont adorer et je vous promets une très belle soirée !

 

 

 Pour en savoir plus sur le voyage photo, retrouvez le communiqué sur le lancement de cette aventure !

Les 2 séjours photo sont disponibles ici.

Attention, plus qu’1 départ disponible (3 places) : du 27 novembre au 4 décembre.

 

 

Commentaires


  • Hascher Marie-Anne | Il y a 8 mois

    J'ai beaucoup apprécié cet article et les photos sont très belles et très parlantes. Merci

  • Gwenaël de Double Sens | Il y a 7 mois

    Merci Marie-Anne pour ce commentaire ! A bientôt, Gwenaël - Double Sens