Le voyage solidaire, une alternative au voyage humanitaire

Par le 20 janvier 2016 dans news
Une alternative au voyage humanitaire existe : le voyage solidaire. Comment distinguer ces deux concepts et comment choisir un voyage adapté à son profil ?

PARTIR EN VOYAGE HUMANITAIRE : BIEN COMPRENDRE LES ENJEUX

Une alternative au voyage humanitaire existe : le voyage solidaire. Avant de partir en voyage humanitaire, il est important de prendre le temps de réfléchir et de se poser la question : ai-je réellement les aptitudes pour partir en voyage humanitaire ? N’y a-t-il pas une autre alternative ? Et si le concept du voyage solidaire était plus adapté à mon profil ?

Qu’est-ce qu’un voyage humanitaire ?

Le terme « humanitaire » s’inscrit dans un contexte d’urgence, d’aide ponctuelle suite à un événement extraordinaire qui a impacté une population (guerres et catastrophes naturelles principalement)[1]. Toute action humanitaire est envisagée sur le court terme pour répondre à une urgence humanitaire, contrairement aux actions de solidarité, dites d’ « aide au développement », qui s’opèrent sur le long terme[2].

Partir gratuitement en voyage humanitaire

C’est possible. Pour cela, il existe différentes structures : associations nationales (françaises ou étrangères) qui agissent dans un pays donné, ou bien des associations qui développement des actions humanitaires dans plusieurs pays. Un autre terme peut définir ces associations, celui d’ « ONG » (organisation non gouvernementale) lorsque l’organisme en question est indépendant de toute structure publique de l’Etat. Cependant, cela n’empêche pas l’ONG de recevoir des aides publiques pour mettre en œuvre ses projets.

Partir gratuitement en mission humanitaire, c’est faire un « service volontaire international », autrement appelé « volontariat international » ou « bénévolat international ».

Mais ces formes de voyages comportent certaines conditions à prendre en compte avant de s’engager. Cela peut être en termes d'âge, de compétences, d'expérience, de bonne condition physique... Ces différents critères dépendent des structures auxquelles vous vous adressez.

Les limites du voyage humanitaire gratuit

Quelques ONG peuvent proposer des voyages humanitaires, mais ceux-ci s’adressent principalement à des professionnels de l’humanitaire (médecins urgentistes, logisticiens, etc…). Les missions humanitaires exigent des compétences particulières.

De plus, ces voyages ont finalement un coût, car bien souvent, le billet d’avion et les frais sur place sont à la charge du bénévole.

Enfin, compte-tenu du contexte d’urgence qui entoure une action humanitaire (gestion de crise, zones conflictuelles, catastrophe naturelle, …), ce type de mission ne garantit pas une sécurité complète pour le voyageur. Celui-ci n’a pas non plus toujours l’occasion de partager la vie locale (dormir chez l’habitant par exemple) ou de partir en excursion pour découvrir les environs, lorsque la zone d’intervention est trop dangereuse.

Face à aux limites intrinsèques au voyage humanitaire, une alternative est possible : le voyage solidaire.

UNE ALTERNATIVE EQUILIBREE : PARTIR EN VOYAGE SOLIDAIRE

Ici, nous nous ferons spécifiquement référence au concept de voyage solidaire tel qu’envisagé par Double Sens, qui est l’agence référence du voyage solidaire (notre structure existe depuis 2006 et intervient en Afrique, en Amérique Latine et en Asie).

Le voyage solidaire : une manière de voyager utile, tout en sécurité

Tout d’abord, un voyage solidaire, à la différence d’un voyage humanitaire, intervient dans un contexte totalement sécurisé. Nous intervenons dans des pays stables politiquement et n’envoyons en aucun cas nos voyageurs si un risque sécuritaire vient à se présenter. En outre, dès que nous avons un doute sur l'actualité géopolitique du pays d’intervention, nous contactons l’ambassade de ce pays ainsi que le Ministère des affaires étrangères pour nous assurer que la destination ne comporte aucun risque.

Un voyage encadré, organisé, et une répartition équitable des coûts

Nous avons vu précédemment qu’un voyage humanitaire comporte une contrainte financière pour celui qui part. Qu’on se le dise, le voyage solidaire engendre également un coût. Le tableau ci-dessous démontre la répartition du coût d’un voyage avec Double Sens. Plus de 40% d’un voyage constitue la part dédiée au développement de l’économie locale (frais de fonctionnement de l’équipe locale, encadrement, hébergement, transport sur place…) sachant qu’à chaque voyageur parti, Double Sens verse 50 euros pour développer des projets de solidarité (achat de matériel pour les chantiers de construction[3], construction de sanitaires[4], création de jardins maraîchers favorisant une autonomie alimentaire[5] …).

Par ailleurs, un voyage solidaire suppose… des excursions ! En week-end ou sur la semaine dédiée à la découverte du pays, nos guides expérimentés vous emmènent voir les merveilles de leur région, en dehors des sentiers battus.

 

Le tourisme solidaire est à la portée de tous

Les voyages solidaires sont ouverts à tous[6]. Ils ne nécessitent aucune compétence particulière et tout le monde peut prétendre à ce type de voyage participatif. Néanmoins, cela nécessite d’avoir une ouverture d’esprit, une prédisposition à aller à la rencontre de l’ « autre » et de briser ses propres préjugés[7]. Ainsi, Double Sens prépare ses voyageurs avant le départ, en organisant une réunion d’information mensuelle, ou en recevant ses futurs voyageurs sur rendez-vous personnalisé, à la demande. L’idée est de sensibiliser nos voyageurs au « tourisme responsable » [8] et au « tourisme durable »[9] (ou « éco-volontariat »[10] en d’autres termes), qui sont les différents aspects du tourisme solidaire (recoupant des projets tantôt sociaux, tantôt environnementaux).

Une approche plutôt « humaine » qu’ « humanitaire » à proprement parler

Bien que le tourisme solidaire soit encore à ses débuts, cette forme de voyage utile tend à se développer[11]. Il met en avant les rencontres et les échanges avec la population locale, en prenant en compte toutes les spécificités des communautés rencontrées lors du voyage[12]. C’est la dimension humaine (et non humanitaire) qui prime.

 

Il est donc bien important, avant de partir en mission, de prendre en compte une multitude d’aspects pour bien préparer son voyage, qu’il s’agisse d’une mission humanitaire d’une part, ou d’une mission solidaire d’autre part. Les enjeux ne sont pas les mêmes. Le voyage solidaire se présente comme une excellente alternative pour les voyageurs ne souhaitant pas intervenir dans une situation de crise humanitaire. Avec Double Sens, chacun participe, selon ses capacités, à un projet solidaire qui s’inscrit dans une logique de continuité.



[1] Voir notre article « Partir en voyage humanitaire » : http://www.doublesens.fr/actualites/partir-en-voyage-humanitaire

[2] Pour une distinction entre la mission humanitaire et la mission solidaire, consulter notre article sur le sujet : http://www.doublesens.fr/actualites/mission-humanitaire-et-mission-de-solidarite-les-differences  

[3] Voir nos projets solidaires en Asie du sud-est, notamment au Cambodge : http://www.doublesens.fr/actualites/les-chantiers-solidaires-de-double-sens-au-cambodge

[4] Voir le contenu de nos missions solidaires à Madagascar : http://www.doublesens.fr/actualites/une-mission-solidaire-a-madagascar

[6] Voir notre article sur les voyages solidaires ouverts à tous : http://www.doublesens.fr/actualites/double-sens-des-voyages-solidaires-ouverts-a-tous

[7] Découvrir notre article sur les fondamentaux du tourisme solidaire : http://www.doublesens.fr/actualites/les-fondamentaux-du-tourisme-solidaire

[8] Et d’expliquer les enjeux d’un départ en voyage solidaire : http://www.doublesens.fr/actualites/pourquoi-participer-a-un-voyage-solidaire

[10] Voir notre article sur l’éco-volontariat : http://www.doublesens.fr/actualites/ecovolontariat-et-tourisme-solidaire

[11] Voir notre article « Le tourisme solidaire, le tourisme d’aujourd’hui » : http://www.doublesens.fr/actualites/le-tourisme-solidaire-le-tourisme-d-aujourdhui

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